Les prix des tankers pétroliers explosent
L’aventure de Trump au Moyen-Orient est en train de redéfinir le transport pétrolier à travers le monde. La guerre a bouleversé les routes et les schémas commerciaux et immobilisé davantage de pétroliers dans des traversées longues et peu efficaces.
Les prix des tankers pétroliers ont été multipliés par 10 depuis la côte américaine du Golfe du Mexique (ou du Golfe des Amériques sur Google map) vers l'Asie. Un voyage en aller simple, 2ème classe coûte jusqu'à 80 millions de dollars. Plus cher que dans les trains en Suisse.
En effet, les coûts des tankers pétroliers naviguent entre 60 et 80 millions de dollars alors qu’un porte-monnaie normal en sortait 5 millions avant la guerre. Il faut sortir plus de 1,5 millions de dollars par jour pour transporter le précieux liquide.
En toute logique, les commandes chinoises et asiatiques ont chuté de 50%, ce qui pourrait faire baisser les expéditions de novembre à leur plus bas niveau depuis sept ans. Seulement 25 millions de barils seront expédiés des USA vers l’Asie selon Bloomberg.
Le conflit et les tentatives des producteurs du Moyen-Orient d’acheminer leur pétrole en contournant le détroit d’Ormuz ont bouleversé le marché mondial des pétroliers et ajouté une crise du transport maritime aux crises de l’approvisionnement en pétrole et en carburant.
Priorité à l’argent : un marché très lucratif
Pour faire transiter le pétrole dans le détroit d’Ormuz, les transporteurs ont inventé un système de navettes. Des tankers pétroliers attendent à la sortie du détroit pendant que 80 tankers (VLCC) font des aller-retour à travers le détroit et si possible en esquivant les drones iraniens.
Ce système de transbordements de navire à navire (STS) dans le golfe d’Oman, immobilise des superpétroliers pendant des semaines, ceux-ci devant attendre ces transbordements à l’extérieur du détroit. Le processus limite la disponibilité des très grands pétroliers (VLCC) pour les autres routes commerciales pétrolières mondiales clés, telles que celle reliant la côte américaine du golfe du Mexique à l’Asie.
La flotte de navettes du golfe d’Oman s’est étendue à environ 80 VLCC. Cependant, la durée moyenne d’un aller-retour a atteint 23 jours, soit plus du double de la durée optimale de 9 à 10 jours pour un aller-retour entre Bassorah, en Irak, et Sohar, au large d’Oman, selon le site Kpler.
De plus, les taux record pratiqués pour le transport de brut en provenance du golfe Persique et du golfe d’Oman attirent les pétroliers vers le trafic du Moyen-Orient, risqué mais très lucratif, ce qui entraîne une pénurie de navires ailleurs sur le marché.
Mais où acheter le pétrole ?
Le coût du transport d’un VLCC de la côte du Golfe vers l’Asie s’élève désormais en moyenne à 30 à 35 dollars par baril. À titre de comparaison, la moyenne en 2025 fut de 5 dollars par baril.
Cette flambée des coûts de fret provoque de graves perturbations dans la fixation des prix mondiaux du brut, car les raffineurs cherchent à s’approvisionner auprès de sources plus proches de chez eux et les vendeurs sont contraints de proposer des remises sur le prix du baril pour compenser ces coûts de fret.
Les acheteurs asiatiques se tournent davantage vers le brut du Moyen-Orient. Mais il faut aussi compter $60 millions pour ce transport.
La demande accrue de brut européen et du Moyen-Orient fait grimper les primes sur certaines qualités.
La semaine dernière, la référence "Dated Brent" affichait une prime record de 20 dollars le baril par rapport au Brent. Le brut norvégien a atteint une prime record de 24 dollars le baril par rapport au Brent, selon les données de Wood Mackenzie.
En revanche, les primes sur les bruts africains et américains se sont effondrées et les décotes se sont creusées en raison des coûts de transport élevés liés aux longs trajets vers l’Asie. Les prix des bruts d’Afrique de l’Ouest ont chuté à des niveaux de décote historiquement bas, certaines qualités affichant même une décote de -20 dollars le baril afin de compenser les coûts de transport élevés.
Prix des carburants aux stations
Alors que le baril de Brent dépasse les $116, les automobilistes doivent également payer ce transport. Le baril, sans le raffinage, atteint les $150. Jusqu'à quand cette situation pourra perdurer ?
Il est fort à parier que la destruction de la demande va s'effectuer à ces niveaux de prix élevés.
Il va également jeter un oeil sur l'après élection de mi-mandat aux USA la semaine prochaine. Il faudra également voir si le va-t-en-guerre Benyamin Netanyahou sera également réélu et si son duo avec Trump remettra une couche sur l'Iran.
Sources : mentionnée dans l'article et également Tsvetana Paraskova