Arabie Saoudite : 36 heures chrono
On croyait avoir touché le fond. Non, on creuse encore et surtout en Arabie Saoudite, qui voit deux catastrophes surgir en 36 heures. Vous connaissez le Détroit d'Ormuz. Son petit-frère, le détroit de Bab al-Mandeb a été capturé, de manière rocambolesque, par les Houthis, sous influence iranienne.
Ce détroit voit passer 4 millions de barils de pétrole par jour, un brut "made in Arabie Saoudite". La cacophonie entre les américains et saoudiens fait grimper les prix du baril à $105 à Londres et $100 aux USA. Les yeux sont rivés sur lundi matin et l'ouverture des marchés.
Pendant que Trump promettait $5'000 dollars à ses compatriotes, un important pipeline pétrolier s'est fait exploser en Arabie Saoudite. Des drones partis d'Irak ont fait le travail. De plus, les houthis se sont emparés du deuxième détroit pétrolier de la région.
L’avance fulgurante des Houthis s’est déroulée en l’espace de 36 heures seulement. Ils ont réussi à capturer le détroit de Bab al-Mandeb, qui voit transiter une grande partie du pétrole de l'Arabie Saoudite.
On rembobine
Début de la guerre, février 2026. L'Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis se désunissent. Les Emirats se retirent de l'OPEP et surtout alors qu'ils faisaient autrefois partie de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite au Yémen, ils retirent leurs dernières forces du pays.
Motif : l’Arabie saoudite leur eut demandé de partir à la suite d’un différend.
Le principal soutien des forces armées sur le terrain au Yémen, qui fait tout le travail depuis dix ans, et soudain, vous leur demandez de partir, sans combler ce vide ! Encore mieux, l’Arabie saoudite n’a pas prévu la relève dans les casernes et les bases militaires. On dirait que tout cela a été planifié par la même équipe qui s'est occupée des achats de F-15 en Suisse.
Face à des fantômes rémunérés
Ce jeudi, pendant que Trump promettait $5000.- à tous les américains, si son parti gagnait les élections de novembre, les houthis sont arrivés à Mocha pour y trouver des bataillons yéménites gravement décimés : leurs effectifs comptaient de nombreux "noms fantômes" percevant un salaire, et les effectifs réels de l’armée ne représentaient qu’environ 20% de ce qu’ils étaient sur le papier.
Appels au secours : on arrive
Les appels désespérés des généraux yéménites réclamant un appui aérien ont commencé à affluer jeudi en milieu de matinée. L’avancée des Houthis, soutenus par l’Iran, vers la ville portuaire stratégique de Mocha battait son plein, et aucun renfort de la part de leur principal allié, l’Arabie saoudite, n’était en vue.
Le Commandement central des États-Unis avait assuré que les États-Unis "suivaient la situation de près et que le soutien aérien saoudien était en route". Inutile de dire que le soutien aérien n’est jamais arrivé.
L’armée saoudienne avait bien été mise en état d’alerte maximale, il y a trois semaines, mais elle n’avait pas déployé sur place le personnel clé du commandement aérien. Un élément de plus qui incrimine l'équipe des F-35 suisses.
Quelques heures plus tard, vendredi, les Houthis se sont emparés d’un autre site côtier stratégique, l’île de Perim, à l’embouchure de la mer Rouge. L’île divise le détroit de Bab al-Mandeb en deux, conférant ainsi à Téhéran le contrôle de facto d’une autre voie maritime essentielle.
Cartographie : CNN
L'expertise géopolitique de Trump
A Ryad, le prince héritier Mohammed ben Salmane téléphone deux fois à Trump. Trop occupé à préparer sa prestation à la convention républicaine et sa partie de golf en Irlande de ce weekend, il a décliné l'aide. "Vous pouvez vous débrouiller tout seul" a-t-il annoncé.
On souligne l'expertise géopolitique de Washington alors que le contrôle exercé par l’Iran sur le détroit d’Ormuz, associé au resserrement de son emprise sur le détroit de Bab al-Mandeb, a le potentiel de vous extraire les derniers billets de banques de votre porte-monnaie lors du prochain plein de votre voiture ou de votre chauffage.
Du côté du climat, c'est plus tôt une bonne nouvelle. Avec la chute des extractions pétrolières mondiales, Trump est le président le plus vert que les USA n'ont jamais eu.
Les BRICS
Hasard du calendrier, les dirigeants des pays des pays du Brics, dont l'Inde, la Chine, la Russie, l'Iran et les Emirats Arabes Unis, sont parvenus à New Delhi à surmonter leurs différences sur le conflit au Moyen-Orient pour exhorter ensemble les parties à la "retenue maximale". Une réunion qui tombe bien.
Le chef de l'Etat iranien a déclaré "que le Moyen-Orient n'avait pas besoin de gendarme", en référence aux Etats-Unis. "L'intégrité territoriale et la sécurité de la région ne pourront être garanties que par ses principaux acteurs et les pays qui la composent".
Trump pense que c'est l'Iran
A quelques semaines des élections de mi-mandat qui se tiendront en novembre aux États-Unis, on ne peut que saluer l'audace de Turmp.
L’incapacité à défendre Mocha et Perim est d’autant plus déconcertante que plus de 100 conseillers militaires américains ont été envoyés en Arabie saoudite pour fournir un soutien en matière de renseignement!
Les Houthis n’ont pas besoin d’armes sophistiquées pour bloquer Bab al-Mandeb. Il leur suffit d’un canon monté sur une voiture.
D'ici à lundi matin et l'ouverture des marchés pétroliers et financiers, Washington a intérêt à trouver une solution ou un plan de communication. Vont-ils bombarder les Houthis pour les déloger ? En tout cas, il y a la nécessité de réduire les prix du diesel qui dépasse les $6 aux USA.
Ce samedi Trump a annoncé "Je pense que c’est eux, c’est probablement eux".
36 heures explosives pour l'Arabie Saoudite
Du côté de l'Arabie Saoudite, cette fin de semaine est catastrophique. Ils ont dû fermer l'oléoduc Est-Ouest qui transporte 7 millions de barils par jour car une usine de pompage a été touchée par des drones venus d'Irak. Le coup est dur pour le deuxième extracteur de pétrole au monde.
L’oléoduc Est-Ouest est devenu essentiel pour permettre au pays de maintenir ses exportations de pétrole depuis le début de la guerre entre les États-Unis et l’Iran.
Le royaume a réacheminé environ 5 millions de barils de pétrole par jour qui auraient dû être livrés aux pétroliers en attente dans le golfe Persique, l’Iran ayant de fait fermé le détroit d’Ormuz. Ce pétrole a donc été acheminé par l’oléoduc jusqu’au port saoudien de Yanbu, sur la mer Rouge.
Si les tankers pétroliers ne peuvent plus passer, les pétrodollars vont manquer au budget. Le téléphone de Trump doit chauffer ce weekend. Ce weekend a également lieu la réunion des ministres des Affaires étrangères du Golfe qui se doit également de rassurer les marchés avant leur ouverture ce lundi.
Si l'on résume, ce weekend : Les BRICS sont réunis, les ministres du Golfe sont réunis, Trump joue au golf en Irlande. Quelque chose va se passer, mais quoi ?
Avec les sources : CNN, Financial Times