Mad Max ou Mad Trump Max?

"Une civilisation entière va mourir ce soir." Par ces mots, le président Américain afficha sa colère contre le blocage du Détroit d’Ormuz et le choc pétrolier qui en découle. En d’autres mots : le pétrole en échange de vies humaines. Les mots sont durs, mais la réalité est connue depuis des années. 

La thématique avait été exposée dans le film Mad Max réalisé par George Miller avec Mel Gibson en 1979 et la question qui en découle : y a-t-il des limites pour accéder aux derniers barils de pétrole ?

 

Les Etats-Unis ont une adn d'or noir

Il est peu de dire que le message du président Trump ait choqué. Entre bluff, stratégie orchestrée pour faire plier l’ennemi, génie de la négociation, un président fou, tout a été dit et même son contraire. 

Si le président Trump se comporte comme un éléphant sans filtre dans un magasin de porcelaine, ses prédécesseurs Biden, Obama, Bush ont tous adhéré à cette doctrine d’hégémonie pétrolière.

L’or noir a été découvert en 1859 sur le sol américain alors que les USA sont nés en 1776. Dans leur histoire, les Etats-Unis ont été biberonnés à base de pétrole. Depuis cette découverte, les Américains n’ont cessé d’augmenter leurs puissances énergétiques et économiques au point d’être indétrônables. Cette place de No 1 mondiale leur incombe en grande partie grâce à l'or noir

 

Pétrole contre sécurité

Les relations entre l'Arabie saoudite et les États-Unis, nouées en 1945 via le "Pacte du Quincy", reposent historiquement sur l'échange "pétrole contre sécurité" qui s’est élargi à toutes les pétromonarchies du Moyen-Orient.

La solidité de ce pacte a été sérieusement ébranlé avec la guerre lancée par Trump et Netanyahu contre l’Iran. Téhéran a démontré que la sécurité américaine est plus théorique qu’hermétique.

 

 

Le pétrole finance le dollar américain

Les présidents américains ont très vite compris la valeur de maîtriser cette ressource d’autant que les achats et les ventes s’effectuent en dollar américain. Chaque transaction soutient l’économique Américaine.

Les Etats se doivent d’acheter et de stocker du dollar afin de garantir la possibilité d'acheter du pétrole et du gaz-méthane. Cette hégémonie diminuera fortement quand d’autres monnaies comme le Yuan chinois, le Rouble russes ou des cryptomonnaies tenteront de grappiller des parts de marché. 

 

Accéder au pétrole Irakien et y renoncer

En 2003, George W. Bush, en compagnie de son fidèle valet, le premier ministre anglais Tony Blair, avait saisi l’excuse d’armes de destructions massives pour reprendre des mains de Saddam Hussein l’excellent pétrole du sol irakien.

L’opération se révéla infructueuse d’autant que les pétroliers commencèrent à extraire les roches mères de schiste sous le sol américain. 

L’intérêt du pétrole irakiens diminua comme neige au soleil.

Devenu le premier extracteur pétrolier au monde, Obama quitta l’Irak et laissa les gisements pétroliers dans les mains russes et chinoises.

Obama réalisa des progrès notoires avec l’Iran avec la signature d’un traité historique sur le nucléaire. Durant cette période, le schiste américain permit à la Maison Blanche de passer au stade de Surpuissance Exégétique Mondiale avec une volonté d’avancer autant dans le schiste que dans les énergies propres.

 

Retour aux fondamentaux : le pétrole sinon rien

La doctrine Trumpienne s’appuya sur la dominance énergétique mondiale et raya l’accord nucléaire iranien.

Biden garda cette ligne dure avec l’Iran et continua de jouer sur les deux faces pétrole-méthane et énergie renouvelables.

Retour à Trump dès 2025. Entouré de nombreux pétroliers, le président sait que la dominance énergétique des USA et la position No 1 mondiale est fondée sur le pétrole avec un impératif : qu’aucune ressource ou moyen détrône le pétrole dans les économies occidentales et asiatiques. 

On comprend mieux le coup de vent sur les éoliennes, le solaire, les voitures électriques ou le remplacement de Nicolas Maduro au Venezuela.

La grille de lecture de la guerre contre l’Iran contient également les mots : pétrole, Chine et la monnaie chinoise le Yuan.

 

La Chine doit extraire le monde du pétrole

A contrario, la Chine a très vite compris que les efforts seraient insurmontables pour s’accaparer le pétrole mondial et ainsi détrôner Washington.

Tant la puissance militaire et économique américaine sont actuellement indétrônables.

Depuis 2005, Pékin a misé sur les énergies renouvelables  tant au niveau de l’accès aux minerais (terres rares, lithium, uranium, etc.) que de la technologie (batterie, mobilité électrique, solaire, éolien, nucléaire, armement, robotisation, intelligence artificielle, etc.).

C’est en diminuant l’impact du pétrole de l’équation que Pékin dépassera les Etats-Unis. A ce jeu, la Chine joue sur deux tableaux. Les terres rares sont indispensables à l’armement militaire, à la création et au stockage de l'énergie ainsi que les ventes réalisées en Yuan élèvent l'économie chinoise.

 

L'Europe : le petit frère va devoir faire tout seul

Ainsi, les Etats-Unis ont besoin d’assurer que le pétrole et le gaz-méthane règnent sur le monde et que les outils et sources de remplacement soient retardées ou différées.

Washington voit déjà les signes d’épuisements de leurs gisements de schiste. Si l'Irak avait été abandonnée, les USA repartent en chasse pétrolière avec la nécessité de reprendre à la Chine les marchés qu'ils avaient délaissés.

Pour se faire, toutes les options sont ouvertes et qu’importe qu’une civilisation soit détruite. Les centaines de milliers de morts irakiens le démontrent.

On comprend également l’abandon du devoir implicite des Etats-Unis d’assurer les flux pétroliers vers l’Europe. Le petit-frère va devoir faire tout seul. Il va même devoir défendre les terres rares situées dans les sols du Groenland.

 

La question ultime

Dans une époque où le pétrole d’excellente qualité, capable de générer du kérosène et du diesel, diminue, l’ère du chacun pour soi a débuté.

Bruxelles va donc devoir se débrouiller pour accéder aux pétroles et hydrocarbures qui restent. Les mois à venir vont s’avérer très compliqués et douloureux d’autant que l’Europe désire se passer du brut et du méthane russe et que le schiste américain ne convient pas aux raffineries du continent. La question du Groenland va rapidement revenir sur le devant de la scène.

Au niveau mondial, la proposition de détruire une civilisation contre du pétrole a été mise sur la table de manière publique. Ce qui se disait dans les coulisses a été porté sous les yeux du monde.

A voir les réactions minimalistes des pays occidentaux, elle ne semble ne pas gêner grand monde. Il reste à savoir quelles civilisations vont faire les frais.

Mad Max s’approche au fur et à mesure que les quantités de diesel et de kérosène diminuent. Les premières passe d’armes débuteront ces prochaines semaines notamment pour savoir quel pays aura droit à du diesel et du kérosène.

 

 

 

 

Notre Mission

Ne pas vous dire ce que vous devez penser, mais dire ce qui se passe dans les coulisses du Business des Energies.

Propriété

ViaFerrata SARL
Tonkin 44
1870 Monthey