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France: Le Lobby Nucléaire entre dans la Présidentielle

Alors que la campagne française pour la Présidentielle s'est engagée, le lobby du Nucléaire Français a débuté une solide campagne de public relation articulée sur une menace qui plane sur les citoyens-électeurs. Lundi, l'Union française de l'électricité (UFE) avait annoncé un coût de 400 milliards d'Euros pour le remplacement du parc existant par des énergies alternatives. Et 400 milliards d'Euro pour un pays en faillite qui désire garder son AAA, ça fait un peu gâchis.

Mercredi, le nouveau CEO d'EDF, Henri Proglio, a rajouté une couche en soulignant, "qu'un million d'emplois seraient perdus pour la France si le nucléaire devait passer aux oubliettes". Vous conviendrez qu'avec ces deux arguments, il y a de quoi flanquer la pétoche à n'importe quel électeur français. Quant aux électeurs Allemands ou Suisses qui ont déjà fait le pas, ils devraient garder leurs emplois et leur triple "A".

Voici en quelques lignes les messages d'EDF et de l'Union française de l'électricité (UFE):

Le Directeur d'EDF Henri Proglio a souligné "qu'une telle décision menacerait 400'000 emplois directs et indirects de la filière nucléaire, 500'000 emplois dans les entreprises actuellement localisés en France et très gourmandes en énergie, comme l'aluminium, qui risqueraient de partir à l'étranger. Il faut y ajouter

Une sortie du nucléaire coûterait à la France «entre 0,5 et 1 point de croissance».

L'UFE a publié un rapport établissant divers scénarios de sortie du nucléaire, à l'horizon 2030. Que la part du nucléaire dans la production d'électricité française passe de 75% aujourd'hui à 70%, 50% ou 20%, ce revirement énergétique coûterait au minimum 322 milliards d'euros, pour les seuls investissements nécessaires.

 

Délocalisation également valable dans le Nucléaire

En quelques années, la France est devenue une championne de la délocalisation de ses grandes entreprises en Asie. Cette cessation de son savoir-faire en va de même dans le domaine nucléaire. Pour la livraison de ses deux EPR, Areva doit céder les secrets technologiques à son partenaire chinois ainsi qu'une partie de l'uranium extrait au Niger. A n'en pas douter, les chinois devraient rapidement copier et même améliorer l'EPR français pour venir marcher sur les plates-bandes du champion du nucléaire.

Comme me l'a suggéré avec humour un lecteur, "L'un des moyens les plus sûrs pour la France de garder sa main d'oeuvre nucléaire pour les décennies à venir est de développer un incident du type Fukushima sur son territoire."  N'espérons pas cette éventualité.

La Campagne présidentielle ne fait que de débuter.

 

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