Publié le .

View Comments

Areva perd 2'900 employés et se restructure

Luc Oursel, le nouveau patron d'Areva a dévoilé sa stratégie de réduction des investissements et des coûts. Il solde l'ère d'Anne Lauvergeon au prix d'une perte de 1,5 milliard d'euros pour 2011. L'ancienne CEO laisse une ardoise magistrale pour Areva mais qui reste minime par rapport à la dette d'EDF. Areva tente de rejeter la faute sur Fukushima, mais la gestion calamiteuse de cette entreprise détenue à 85% par l'Etat est la vraie cause de cette perte.

Areva a détaillé le plan stratégique qui annonce 2'900 pertes d'emplois dans le monde. En France, 250 emplois selon Areva et 1'200 pour la CGT devraient passer à la trappe.  Le carnet de commande d'Areva stagne à 44 milliards d'euros (contre 44,2 en 2010), le chiffre d'affaires à 8,9 milliards d'euros (9,1 en 2010). En bas du tableau, l'entreprise affiche une perte opérationnelle de 1,4 à 1,6 milliard d'euros.

Ce plan est aussi marqué par la "suspension" d'investissements en France, aux Etats-Unis et en Afrique. Pour la France, Areva indique que sont suspendues les "extensions de capacités" du site de La Hague (Manche), de l'usine Melox (Gard) et des sites Georges-Besse 2 et Comurhex 2, au Tricastin, ces deux derniers restant des "investissements prioritaires".

Outre les investissements de mise en exploitation du gisement d'uranium de Bakouma, en Centrafrique, Areva indique également qu'elle suspend ceux sur le gisement namibien de Trekkopje, qui s'est révélé beaucoup moins prometteur que prévu, et celui de Ryst Kuil, en Afrique du Sud.

Enfin, Areva réduit d'environ un tiers le niveau de ses investissements en passant à 7,7 milliards d'euros au total entre 2012 et 2016.

 

UraMin, l'EPR Chinois et la Finlande

La majeure partie des pertes subies par Areva est consécutive au rachat, en 2007, de la société UraMin, une modeste junior minière canadienne, pour le prix faramineux de 1,8 milliard d’euros. Par cette transaction, Areva pensait mettre la main sur plusieurs gisements d’uranium africains en Namibie, en Afrique du Sud et en Centrafrique, pour sécuriser ses approvisionnements. L’objectif d’UraMin était alors de produire 7000 tonnes de combustible par an.

 

Finalement l’exploitation de ces gisements s’est révélée trop coûteuse pour en assurer la rentabilité. Dès 2010, le groupe a dû provisionner 426 millions d'euros pour dépréciation d’actifs.

Dans les décisions surprenantes d'Areva, nous pouvons souligner la vente aux chinois de 2 EPR pour le prix d'un ainsi que la vente exclusives pour les 25 prochaines années de l'uranium de la nouvelle mine nigérienne exploitée par Areva.

A ces déboires s’ajoutent ceux de l'EPR d'Olkiluoto, en Finlande, dont la livraison coûtera finalement plus cher que le prix de vente. La construction du 2ème EPR dépasse également tous les budgets les plus optimistes.

Sérieusement, comment est-ce possible qu'une entreprise aussi grande, fasse des erreurs aussi magistrales? Il est à espérer que la sécurité soit un cran en-dessus du niveau de ses managers financiers.

 

Imprimer