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La vitesse de la croissance mondiale diminue

Par Jeff Rubin - Aujourd’hui, qu’importe où vous regardez, les économies progressent à des vitesses beaucoup plus lentes. En effet, certaines économies sont déjà à l'arrêt (et même régresses) et probablement de plus en plus vont bientôt les suivre.

Que ce soit en Amérique du Nord, en Europe ou même en Chine et en Inde, l'histoire est sensiblement la même, les plus grandes économies du monde sont à court de carburant. Malgré les efforts des banques centrales et des ministres des finances, avec des relances fiscales et budgétaires sans précédents, tous ces stimulus ne suffisent pas à éviter que la reprise économique mondiale ne cale.

En Chine, les jours grisants d’un taux de croissance à deux chiffres semblent être terminés. Les dernières projections du PIB voient une chute de la croissance dans une fourchette de 8%, un rythme qui ne semble pas être suffisant pour la Chine. Même l’infatigable secteur de la production industrielle commence à montrer des signes de fatigue.

La dernière fois que cela c’était produit pendant la récession de 2008, Pékin était venu à la rescousse avec un paquet de relance 4 milliards de yuans. Cette fois-ci, ce genre de relance massif pourrait aider à remplir les carnets de commandes, mais en même temps, il pourrait également mettre le feu à l’inflation.

En Inde, les perspectives économiques sont similaires. La croissance s'est ralentie à 5%, soit le rythme le plus lent depuis une décennie. Et même ce niveau n’est pas suffisant car l'inflation dépasse cahin-caha les 7%.

Même avec une croissance plus lente, la Chine et l'Inde restent les points lumineux pour l'économie mondiale. Pas un jour ne semble passer, sans qu’une mauvaise nouvelle ne sorte de la zone euro. En Espagne, l'argent s’évapore du système bancaire, avec plus de 80 milliards de dollars qui se sont évadés pour des cieux plus cléments durant le seul mois dernier. Et avec raison ! Les investisseurs n’ont qu’à regarder la Grèce pour voir la punition que la récession inflige aux banques d'un pays. La Grèce est sur le point de quitter l'Union monétaire européenne et l'Espagne n’est pas loin derrière. L'exode des membres les plus faibles de la zone euro est de mauvaise augure pour les économies les plus fortes d'Europe du Nord. Sans l’impact des pays du PIIGS (Portugal, Italie, Irlande, Grèce, Espagne) qui maintiennent un euro bas, la flambée de l'euro pèsera sur les exportations allemandes, l'un des pilier économique de la moribonde Europe.

Les perspectives pour l'Amérique du Nord font également réfléchir. Le plus récent rapport sur l'emploi Américain montre que l'économie a ajouté un chiffre dérisoire de 69’000 emplois, à peine la quantité d'emplois nécessaires pour maintenir une reprise économique sur les rails. Aux États-Unis et au Canada, la croissance du PIB a déjà plongé au-dessous de 2%.

Ce qui rend ces modestes chiffres de croissance encore plus troublants, c'est le quantité de mesures de relances financières qui ont déjà été utilisées pour générer une reprise toujours précaire. Les banques centrales maintiennent les taux d'intérêt à zéro ou proche de zéro, tandis que d'énormes déficits budgétaires sont déjà monnaie courante. Dans ce contexte, il est loin d'être évident d’imaginer ce que les gouvernements vont devoir utiliser comme leviers économiques lors de la prochaine ronde de récessions qui menacent l'économie mondiale.

 

Ecrit, en anglais, par Jeff Rubin
Traduction par Laurent Horvath, 2000Watts.org. Avec l'autorisation de Jeff Rubin  (Le Blog de Jeff Rubin et la version anglaise ici)

Retrouvez la Chronique de Jeff Rubin sur 2000Watts.org

 

Vidéo: Jeff Rubin: La Crise Financière de 2008. Quel fut le rôle du Pétrole

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