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La Croissance Economique dépend toujours plus du Pétrole

Par Jeff Rubin - Le Rapport de BP montre que la Croissance Economique dépend toujours plus du Pétrole. La relation entre l'énergie et la croissance économique mondiale n'a jamais été plus claire que dans le dernier rapport de BP: « World Energy Statistical Review 2010 ».

A peine l'économie mondiale sortie du joug de la dernière récession que la demande d'énergie a explosé. Elle a augmenté de plus de 5,5% l'année dernière, la plus forte augmentation annuelle depuis plus de 30 ans.

Sans surprise l’année dernière, le pétrole a joué un rôle central dans la spectaculaire augmentation de la consommation énergétique. Après tout, le pétrole est le combustible le plus important au monde et représente plus d'un tiers de toute l'énergie mondiale produite en 2010.

Ce qui rend les chiffres pétroliers de 2010 particulièrement intéressants, c’est la chute de la demande pétrolière mondiale lors des deux années précédentes (une victime de la récession mondiale). Depuis 1983, ce fut la première baisse annuelle de la consommation mondiale de pétrole.

A peine l'économie globale avait retrouvé ses marques, qu'elle a malheureusement retrouvé son énorme appétit pour le pétrole. Non seulement toute la destruction de la demande au cours de la dernière récession s’est inversée mais la consommation globale de pétrole a augmenté de plus de 3% en 2010 pour établir un nouveau record à presque 87,5 millions de barils par jour.

Ce qui rend ce rebond encore plus impressionnant, c'est qu'il est arrivé durant le deuxième record du prix du pétrole. En 2010, la moyenne du baril de Brent toucha les 80$.

Il est de plus en plus incertain, que la consommation mondiale va continuer à croître et atteindre les prévisions de BP à un niveau record de plus de 89 millions de barils par jour d'ici la fin de cette année.

Nonobstant l’annonce de l’Arabie Saoudite qui prétend être capable d’augmenter sa production à 10 millions de barils par jour, l'offre mondiale actuelle n’a même pas compensé la perte de production du pétrole libyen. A elle seule, l’Arabie Saoudite ne démontre pas la capacité de couvrir les 2 millions de barils par jour supplémentaires de la demande mondiale.

Cependant, la production mondiale n’a peut être pas besoin d’augmenter pareillement.

Alors que le Congrès Américain et l’administration Obama marchandent la hauteur du plafond de la dette fédérale américaine, le stimulus de l’économie et du « Quantitative Easing Program » arrivent également à leur terme dans le pays le plus gourmand en énergie au monde.

Pendant ce temps en Europe, au bord de la faillite, la Grèce vacille. Cet événement déclenchera probablement un défaut similaire chez les autres pays d’infortunes comme le Portugal, l'Irlande et, éventuellement de l'Espagne.

L'économie chinoise, la deuxième plus grande consommatrice d’énergie au monde, fait face cet été, à la perspective de coupures d'électricité énormes qui pourraient peser lourdement sur sa croissance économique.

La bonne nouvelle dans le cas d’un ralentissement économique mondial, est que nous consommerons peut-être moins de pétrole d’ici à la seconde moitié de l'année. Mais la mauvaise nouvelle, contenue dans le rapport énergétique de BP, est que la croissance économique mondiale n’a jamais été aussi dépendante du pétrole.

Ecrit, en anglais, par Jeff Rubin
Traduction par Laurent Horvath, 2000Watts.org. Avec l'autorisation de Jeff Rubin  (Le Blog de Jeff Rubin et la version anglaise ici)

Retrouvez tous les jeudis la Chronique de Jeff Rubin sur 2000Watts.org

 

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